Eclairages historique, scientifique et géographique

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Rythmes scolaires: F. Testu (chronobiologiste) répond aux questions du Sgen-CFDT

François TESTU

Je souhaite vous présenter des informations objectives et scientifiques, même si d’anciens ministres de l’Education ont prétendu que la chronobiologie était une curiosité française, ce qui a fait très plaisir à tous les chercheurs internationaux. La façon dont les ministères de l’Education Nationale sous les gouvernements de droite exploitaient nos résultats pour justifier sa politique était d’ailleurs scandaleuse.

La question des rythmes scolaires est primordiale. Elle est étroitement liée à celle des contenus ainsi qu’à celle de l’avenir du système éducatif, et il est impossible de les dissocier de nos jours. Mais il y a une grande ambiguïté au niveau du terme « rythme scolaire ». Ce n’est pas pour rien que l’on parle plus volontiers de « l’aménagement du temps de vie ». Le rythme scolaire, finalement, c’est l’alternance école/repos décidée par les adultes, et qui correspond au calendrier scolaire. Or l’emploi du temps influe sur les autres rythmes, sur les processus psychologiques, une toute autre rythmicité physiologique et psychologique qui appartient à l’enfant et aux adolescents. Toute la question – que l’on a mise un siècle à se poser – est d’arriver à concilier les deux. Quoiqu’on en dise, il ne s’agit pas d’un luxe.

Le calendrier actuel des vacances et des jours de repos ne relève pas de considérations scientifiques sur les rythmes chronobiologiques. J’aimerais vous citer quelques exemples:

-      le jeudi libéré servait à l’origine à l’instruction religieuse qui, par définition, ne pouvait se faire dans l’école laïque. Pour des raisons de rééquilibrage de la semaine après la libération du samedi après-midi, cette journée libérée a été avancée au mercredi.

-      Les grandes vacances sont liées à l’économie agricole. Pendant la première guerre mondiale, il a fallu libérer les plus de 12 ans afin qu’ils suppléent aux hommes incorporés.

-      Les vacances de février résultent des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. Il fallait rentabiliser les équipements sportifs, on a alors libéré une semaine, puis on est passé au zonage pour élargir la rentabilisation.

La Toussaint, elle, n’intéresse personne au plan économique: la campagne est jaunâtre, la mer est froide et la montagne sans neige. Et pourtant c’est la période où mettre 15 jours de vacances est indispensable car la résistance physique est faible, et qu’une semaine est nécessaire pour changer de rythme avant de se sentir vraiment en vacances. Jack Lang les a allongées à 10 jours sur mes conseils, mais cela ne suffisait pas. Le premier trimestre représente 42% du temps scolaire. Les enfants sont exténués, tout le monde peine, et les vacances de Noël, comme on le sait, ne permettent pas de se reposer. Ce que nous souhaiterions, c’est une alternance de sept semaines (+ /- 1) de cours et quinze jours de vacances, quitte à raccourcir les vacances d’été, ce qui risque par contre de ne pas être très populaire.

-      Enfin, je voudrais citer l’exemple de la semaine des quatre jours, qui n’est pas dans l’intérêt de l’enfant, mais des adultes et des nouveaux modes de consommation. Bien sûr, il faut trouver le moins mauvais des compromis, et prendre en compte les intérêts des parents. Comment font ceux qui quittent la maison à 7h et qui rentrent à 19h? (et c’est souvent dans les communes pauvres que ces situations se présentent…).

Il n’existe à ce jour qu’une seule équipe d’observateurs scientifiques en France, celle de Tours, que j’ai mis 20 ans à constituer. Un corpus de connaissances existe, qui se recoupe avec les travaux allemands, anglais et américains ainsi que les travaux du Pr Debré, qui datent de 1960. Mais on n’a toujours pas tenu compte de ces travaux.

Mon expérience de 16 ans comme instituteur en SES (= grosso modo les actuelles Segpa) m’a incité à poursuivre des recherches sur la notion de fatigue. Mes constats furent identiques à ceux faits dans les quatre décennies précédentes. Il en ressort qu’il y a trois fondamentaux à respecter:

1. Le sommeil

Le rythme veille/sommeil est central si l’on veut respecter le rythme de l’enfant. De ce sommeil résulte toute la réussite des apprentissages et si l’enfant est régulièrement privé de sommeil, il va droit dans le mur. Or il y a de grandes inégalités face au sommeil, tout le monde n’a pas les mêmes besoins, et la gestion de cette différence n’est pas évidente.

Même face à la sieste, nous sommes inégaux. Preuve cependant qu’elle est rentable, elle a été introduite dans certaines entreprises en Chine et au Japon.

Dans les écoles, on se heurte par ailleurs au problème de l’aménagement de l’espace. Si un enfant souhaite dormir, il devrait pouvoir le faire sans être gêné par celui qui ne le souhaite pas, et vice-versa.

C’est dans les milieux défavorisés que l’on a le plus de mal à faire comprendre à quel point le sommeil est important. Tous les petits constituent leur sphère affective et sexuelle grâce au sommeil et au rêve.

2. Les variations journalières de la vigilance et de l’activité intellectuelle

Le rythme fondamental pour l’enfant, c’est le rythme journalier. Le pionnier, Hubert

Montagner, a mis en évidence, par l’analyse des déchets urinaires d’enfants de maternelle, qu’il y avait deux moments physiologiques difficiles: l’entrée en classe le matin et le midi. Ses travaux sur les élèves de 6ème et 5ème ont été confirmés par le recteur Magnin.

Un examen des variations journalières des performances psychotechniques de 48 élèves de CM2 a permis de constater qu’il y a deux périodes de performances médiocres: 8h40 et 13h40 (en fonction de l’âge on observe une disparition progressive autour de midi). Ce résultat est observable partout, c’est la courbe classique, qui corrobore les résultats physiologiques observés par H. Montagner.

La difficulté de la tâche est qu’il faut tenir compte de la phase d’apprentissage dans laquelle l’élève se trouve.

J’ai mené une expérience sur trois groupes d’élèves de SES, des groupes homogènes avec trois rythmes différents. En alternance atelier/cours par ½ journée ou en atelier toute la journée. Dans le dernier cas, le niveau de performance s’est amélioré, les fluctuations ont disparu car les élèves étaient dans le concret, donc plus motivés et moins dans l’échec. De nos jours, on veut en remettre une couche pendant les vacances… sur le plan psychologique c’est une aberration, une ineptie que de proposer des stages de rattrapage pendant les vacances et de surcroît dans l’espace de l’école !

Variations journalières dans les stratégies de 48 élèves de CM2.

Expérience concernant le non éveil et l’activation. Nous avons fait le constat que l’activation est maximale à 11h20 et 16h20 et minimale à 8h40 et 13h40. Les phases de non-éveil correspondent aux moments où les tests psychotechniques sont les mois bons. On retrouve ces courbes journalières partout dans le monde (sauf dans les pays aux variations diurnes-nocturnes importantes).

3. Le rythme hebdomadaire

Le lundi est un jour à très forte hétérogénéité des profils. Il est impossible de sortir un profil de groupe, notamment un profil avec du correct dans la matinée, puis une baisse très forte dans l’après-midi. Ce sont les enfants des ZEP qui présentent ces caractéristiques. Si l’on passe à deux jours de congé de fin de semaine, pour certains cela ne posera aucun problème tandis que pour d’autres, cela va être catastrophique car l’observation de la désynchronisation se fera jusqu’au mardi… Quand l’on est en 4 jours secs (sans rien autour, aucune activité périscolaire ou complémentaire), on constate que les variations journalières de vigilance sont nettement moins bonnes. Le problème, ce n’est pas les 4 jours, mais ce que l’on fait des jours libérés. Tout cela se discute, il n’est pas question de dessaisir les enseignants de leurs fonctions, mais de voir comment l’on organise les activités complémentaires. Si on ne le fait pas, on va devenir de simples machines à enseigner…

Une évaluation a eu lieu dans l’Orne d’une expérience sur 4 jours sans aucun accompagnement complémentaire (avec des classes uniques et du transport scolaire en prime). On a constaté avec l’échantillon sur 4,5 jours qu’il n’y a aucune différence. Pourquoi? En fait, ils n’étaient pas nombreux dans la classe, et c’était des parents qui avaient fait le choix de quitter la ville… Un profil sociologique privilégié, donc, peu affecté par l’organisation de la semaine. Il n’y a pas non plus de problèmes réels pour ces élèves lorsqu’ils font du surbooking les mercredis. A Rennes, on expérimentait la semaine de 4 jours pour la première fois. La municipalité a mis en place un accompagnement complémentaire et les variations sont peu perceptibles. Les 4 dans ces conditions, cela ne donne pas de résultats catastrophiques.

Pour résumer, je dirai que la période de la Toussaint est à respecter ainsi que celle de fin février-début mars. Cela recoupe le problème de la régularité annuelle et hebdomadaire.

On peut tirer quatre principaux enseignements des recherches évaluatives:

  • Les variations journalières des performances intellectuelles sont davantage présentes chez les élèves qui ne maîtrisent pas la tâche;
  • Les activités éducatives périscolaires et extrascolaires contribuent à l’épanouissement physique et psychiques des jeunes;
  • La libération du temps n’est pas obligatoirement synonyme d’épanouissement;
  • La semaine de quatre jours “secs” doit être évitée. Plus les enfants sont libérés, plus ils regardent la télé. C’est flagrant en ce qui concerne les élèves allemands par exemple.

Travailler plus, gagner moins, le sort des enseignants français ?

Pschitt ! La publication par l’OCDE de « Regards sur l’éducation 2012″ ne créera pas de séisme cette année. Néanmoins, l’OCDE envoie de bonnes questions au système éducatif français. Pourquoi le taux de scolarisation baisse-t-il ? Comment fait-on pour avoir tant d’inégalités alors que la France a un taux record de préscolarisation ? Pourquoi a-t-on si peu de doctorants ? Comment expliquer la crise du recrutement des enseignants ?

L’édition 2011 avait créé un véritable tremblement de terre sous les pieds de Nicolas Sarkozy. L’OCDE décrivait un système éducatif injuste, en régression, une véritable « dégradation » de l’enseignement en France sur les 10 années des quinquennats UMP. L’édition 2012 fait dans le feutré. Evidemment rien n’a changé sur le fond depuis 2011. Mais l’OCDE met surtout l’accent sur des points nouveaux. Enfin il faut signaler une autre nouveauté. L’éducation nationale avait pris l’affligeante habitude d’envoyer sur place, dans les locaux de l’OCDE, des fonctionnaires de la DEPP pour contredire devant les médias les propos de l’OCDE et porter la bonne parole étatique. Cette année Eric Charbonnier, pour l’OCDE,  a présenté Regards sur l’Education sans contradicteur.

La France ne manque pas de profs. Mais si !

Première particularité française : la France ne devrait pas avoir du mal à renouveler les départs en retraite des enseignants. En effet, le taux est nettement plus faible que chez nos voisins où le vieillissement professoral est plus accentué. Il y a 32% de plus de 50 ans en France alors que la moyenne OCDE est 35% et que dans les pays européens elle dépasse souvent 40%. 49% des enseignants du primaire ont moins de 40 ans contre 42% en moyenne. Alors pourquoi la crise de recrutement ? Les données OCDE montrent que les enseignants français travaillent beaucoup. Il y a nettement plus d’heures de cours en France qu’ailleurs : 7500 heures par an contre 6500 ailleurs pour les 7 à 14 ans. Mais leurs salaires sont inférieurs  à ceux de l’OCDE aussi bien en début qu’au milieu de la carrière. Les conditions de travail sont aussi plus dures qu’ailleurs. Par exemple en maternelle, on compte par enseignant plus de 20 élèves en Chine, en France, en Israël, au Mexique et en Turquie, et moins de 10 élèves au Chili, en Islande, en Nouvelle-Zélande, en Slovénie et en Suède et en moyenne 14 élèves pour l’ensemble des pays de l’OCDE. Ajoutons que les débutants se retrouvent souvent sur les postes les plus difficiles , seuls et peu formés. Et que l’écart du nombre d’heures de cours hebdomadaire reste plus fort en France qu’ailleurs entre primaire et secondaire.

Des rythmes scolaires « atypiques »

La France ne se distingue pas que par un nombre d’heures de cours très élevé. Selon l’OCDE e temps de travail est concentré sur un nombre trop faible de semaines de classe : 35 en moyenne en France contre 38 dans l’OCDE. « Cela laisse peu de temps pour s’occuper de l’échec scolaire » note Eric Charbonnier. Certains pays comptent des vacances d’été aussi longues qu’en France mais moins de vacances sur le reste de l’année.

Scolarisation, inégalités et maternelle

Distinction du système éducatif français , la scolarisation en maternelle est à un taux record parmi les pays de l’OCDE. Presque tous les enfants sont en maternelle à 4 ans et même dès 3 ans. Paradoxe : alors que la préscolarisation est un facteur de réduction des inégalités sociales , en France ces inégalités sont très fortes. On a moins de chance en France de faire des études supérieures quand on a des parents peu instruits que dans les autres pays de l’OCDE. Cet effet maternelle est en partie atténué par les conditions de scolarisation en maternelle où le nombre d’élèves est trop élevé. Plus tard , la France se distingue par un fort taux de sorties précoces du système éducatif . C’est ce qui explique que le pays a un taux de scolarisation en baisse depuis 10 ans, un phénomène tout à fait exceptionnel chez les pays développés. Or l’insertion professionnelle de ces jeunes est très difficile en partie parce que l’enseignement professionnel est dévalorisé.

Le retard n’est pas rattrapé pour les plus diplômés

« La France a rattrapé le retard qu’elle pouvait déplorer ces dernières décennies en matière de niveau d’éducation atteint par sa population », note l’OCDE. Ainsi le taux de diplômés du supérieur chez les 25-34 ans a doublé par rapport à celui des 55-64 ans. L’écart de salaire entre diplomé du supérieur et du secondaire est net (47%) même sil est un peu inférieur à la moyenne OCDE (55%). Mais la FRance compte trop peu de docteurs : 1% des jeunes français seulement, 1,5% avec les étudiants étrangers . Certains pays développés ont des taux nettement plus importants : 3,5% en Suisse, 2,2 au Royaume Uni). Cet effet est aggravé selon l’OCDE par une politique restrictive envers les docteurs étrangers. L’OCDE souhaite que la France puisse bénéficier de leur apport et qu’on facilite leur accès au marché du travail.

Un investissement insuffisant en éducation

« En 2009, les pays de l’OCDE ont consacré, en moyenne, 6.2 % de leur PIB au financement de leurs établissements d’enseignement contre 6.3% pour la France. Ce pourcentage est supérieur à 7 % en Corée, au Danemark, aux États-Unis, en Islande, en Israël et en Nouvelle-Zélande. Sur les 37 pays dont les données sont disponibles, seuls 7 n’y consacrent pas plus de 5 % de leur PIB, à savoir l’Afrique du Sud, la Hongrie, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, la République slovaque et la République tchèque », note l’OCDE. Mais « les dépenses par élève du secondaire sont 15 % plus élevées en France que la moyenne de l’OCDE (10 696 USD contre en moyenne 9 312 USD) tandis que celles du primaire sont inférieures de 17 % à la moyenne de l’OCDE (6 373 USD contre en moyenne 7 719 USD). » Enfin, particularité française, les dépenses ont très peu augmenté ces dernières années alors que les autre spays faisaient l’effort nécessaire à la démocratisation du système éducatif. « Entre 2000 et 2009, les dépenses par élève des établissements d’enseignement des niveaux primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire ont augmenté en moyenne de 36 %, et de 16 % au moins dans 24 des 29 pays dont les données sont disponibles. L’augmentation est inférieure à 10 % seulement en France, en Israël et en Italie ».

Un appui à Vincent Peillon ?

Autant l’édition 2011 a été redoutable pour L Chatel, autant cette édition 2012 semble conforter les projets ministériels. L’accent mis sur le primaire par V Peillon se trouve conforté par l’écart de dépense constaté par l’OCDE. L’effort de formation des enseignants également. Il reste bien sur la question de leur salaire…

François Jarraud

Liens :

Regards sur l’éducation

Communiqué

 

Claude Lelièvre : C’était il y a 20 ans. Et la leçon s’est perdue.

En 1994,  à l’initiative de François Bayrou ( alors ministre de l’Education nationale ) les conseils d’école sont appelés à se prononcer sur la question des rythmes scolaires. De juin à octobre 1994, quarante mille conseils d’école ( sur 55000 établissements ) répondent à l’enquête. Le maintien du statu quo, avec samedi matin travaillé, ne remporte que 15% des suffrages, tandis que le report simple du samedi matin au mercredi fait le plus mauvais score ( 4% ). En revanche, la libération du samedi matin, avec son nécessaire corollaire du raccourcissement des vacances scolaires, connaît un franc succès ( 39%). Les scénarios « autres » ( ou « divers ») sont choisis par 22% des conseils d’école. Mais le plus remarquable ( et le plus préoccupant pour ceux qui se situent résolument dans une prise en compte des « rythmes scolaires » et donc de la réduction de la journée de classe ), c’est que 20% des conseils n’ont pas hésité à jeter leur dévolu sur le scénario 4, qui prévoit 4 jours de classe de 6h30…

Ce qui est plébiscité en fait, c’est ce qui est le plus éloigné de ce que préconisent les spécialistes des « rythmes scolaires » : la semaine de quatre jours pleins avec rattrapage sur les vacances ou, pis, l’augmentation du temps de travail journalier de l’écolier. Comme quoi l’on ne peut tout attendre sans problèmes de la « démocratie de proximité »…. Les spécialistes des rythmes biologiques et psychologiques de l’enfant étaient pourtant formels : « Nous savons que la semaine de quatre jours ‘’ secs ‘’ sans relais nuit aux enfants issus des milieux ‘’ sensibles ‘’, et qu’il est préférable de répartir les enseignements pour tous les enfants sur quatre jours et une demi-journée. C’est aux autorités du ministère de l’ Education nationale de trancher ». ( « L’enfant et ses rythmes : pourquoi il faut changer l’école », par François Testu et Roger Fontaine aux éditions Calmann-Levy ).

La distance entre les parents d’élèves « de base » d’une part, et les Fédérations de parents d’élèves et certains responsables du ministère de l’Education nationale d’autre part, va d’ailleurs s’accroître sensiblement durant l’année 1994 sous l’influence des spécialistes des « rythmes scolaires », si l’on en juge par certains témoignages, ceux de François Testu en particulier cinq ans plus tard : « Je pense que si on avait laissé faire, on serait tous aux 4 jours. A quatre ou cinq, pas plus, en particulier au congrès de Blagnac de la FCPE, en 1994, on a mis le paquet. La base de la FCPE, comme celle de la PEEP était pour les 4 jours ; et les autonomes encore plus. On a fait un appel ‘’ musclé ‘’ qu’on a fait publier un peu partout, et je suis intervenu au congrès de la FCPE. On a été entendu. Il y a eu un revirement du côté des deux fédérations de parents, l’autonome s’est rallié après. Les politiques ne savaient pas trop sur quel pied danser […]. J’ai fait une émission de télévision avec le  Directeur des Ecoles, Marcel Duhamel, qui n’était pas loin de penser à l’époque que les 4 jours étaient ce qu’il y avait de mieux. Six mois après, il m’invitait à parler au ministère devant tous les responsables ; et on a mis un frein très net par rapport aux 4 jours. C’est quand même rassurant de voir des politiques faire marche arrière. On peut encore discuter »

C’était sans compter avec la décision ultérieure d’un certain Xavier Darcos. Sans grève alors ( pour ou contre ).

Claude Lelièvre

Souvenirs, souvenirs

Etre historien c’est éclairer le présent avec la lumière du passé. Claude Lelièvre se prête à cet exercice avec un soupçon de malice en revenant sur l’histoire des rythmes scolaires et des grèves à l’éducation nationale…

Dès 2009, un rapport de l’inspection générale un an après la suppression de l’école le samedi matin  ( et donc en plein ministère Darcos ) n’hésite pas à énumérer les effets néfastes de la nouvelle organisation de la semaine.  La fatigue des enfants est désignée en premier, suivie du manque de temps pour les apprentissages ( « De l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme » ). Les conclusions du rapport soulignent que les enseignements artistiques et de découverte ( histoire-géographie ou sciences ) sont généralement sacrifiés au profit des ‘’fondamentaux’’(  les mathématiques et le français ; ce qui alourdit d’autant les journées, est-il précisé ). Le rapport de l’inspection générale indique que « l’évolution souhaitable n’est pas  dans le retour au samedi matin, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail ».

Les réactions de deux secrétaires syndicaux selon « Le Monde » du 9 septembre 2009 : « Le Syndicat des enseignants, le SE-Unsa ( qui demande « une mise à plat des rythmes » ) estime par la voix de son secrétaire général, Christian Chevalier, qu’ « il n’est jamais trop tard lorsque la volonté politique est là ». Son homologue au SNUipp, reste réservé sur le rajout d’une demi-journée de travail . « On a raté l’occasion, explique-t-il, et il est très difficile de changer à nouveau ces rythmes qui influent sur l’organisation des familles, mais aussi des mairies pour les centres aérés et sur un multitude d’associations ». Dans le même temps, 67% des personnes interrogées par le CSA pour le sondage de rentrée commandité par le SNUipp se disent favorables à une diminution de la journée scolaire à 5H 30 et à un retour aux quatre jours et demi.

Trois exemples historiques de taux de participation à des grèves nationales dans l’enseignement primaire :

29 janvier 1987 ( pour les salaires, contre des diminutions de postes, et surtout contre le projet d’un statut de maître-directeur initié par René Monory ) : de 75% à 85% selon les écoles d’après le principal syndicat du primaire, le SNI. 45% selon le ministère.

27 janvier 1989 (  pour la ‘’revalorisation’’  des instituteurs, à l’adresse de ‘’Jospingre’’ ! ) : de 60% à 80% selon les départements pour le SNI, 52% selon le ministère.

20 novembre 2009 ( contre la suppression des postes, des RASED, pour le respect des maternelles, à l’adresse de Darcos ) : 69% selon le principal syndicat du primaire ( le SNUipp ), 48% selon le ministère.

Claude Lelièvre

 

 

 

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