Le samedi ça m’dit !

24 mars 2013

le samedi ça m'dit !

le samedi matin travaillé préférable au mercredi matin (Académie de médecine)

L’Académie de méde­cine a défendu hier le retour à la semaine de 4,5 jours dans le pri­maire, mais a pré­co­nisé de pla­cer la demi-journée de tra­vail sup­plé­men­taire le samedi matin.

L’Académie de méde­cine a défendu hier le retour à la semaine de 4,5 jours à l’école pri­maire voulu par Vincent Peillon, avec une pré­fé­rence pour le samedi matin tra­vaillé, dans l’intérêt des élèves. Elle a estimé que, dans les débats actuels, « les reven­di­ca­tions placent toutes les inté­rêts des adultes avant le souci de la santé de l’enfant ».

« La semaine de 4 jours est un contre­sens bio­lo­gique qu’il faut abo­lir en amé­na­geant impé­ra­ti­ve­ment le temps sco­laire sur 4 jours et demi, sachant que la demi-journée de tra­vail sup­plé­men­taire serait pré­fé­rable le samedi matin plu­tôt que le mer­credi matin pour éviter la désyn­chro­ni­sa­tion inévi­table de l’enfant en début de semaine », a pré­co­nisé l’institution dans un communiqué,

Elle a en outre invité les acteurs impli­qués dans la réforme des rythmes sco­laires à « dépas­ser la polé­mique autour de la seule semaine de 4 jours« , jugeant qu’il fal­lait orga­ni­ser le « temps de vie de l’enfant » grâce à « des mesures coor­don­nées d’harmonisation des trois temps sco­laires (jour­née, semaine, année) ». L’institution a notam­ment plaidé pour la réduc­tion du temps de tra­vail à l’école « à 4h30 ou 5h » et le rac­cour­cis­se­ment des vacances d’été.

Selon elle, la vie sco­laire est « aujourd’hui un fac­teur déter­mi­nant de la fatigue expri­mée par l’enfant, source de dif­fi­cul­tés de concen­tra­tion et d’apprentissage, d’irritabilité et d’agressivité, voire d’échec sco­laire« .

L’Académie de méde­cine avait déjà dénoncé dans un rap­port daté de 2010 les consé­quences « néfastes » de la semaine de 4 jours pour les jeunes élèves.

Source(s) :

AEF, AFP

Vousnousils .fr  6/03/13

 

Ecole le samedi : moi, ça m’dit !

Dans cette tribune, Sylvain Grandserre, professeur des écoles mais aussi chroniqueur radio, explique pourquoi le samedi matin se prête mieux que le mercredi matin au retour d’une 9ème demi-journée au primaire.  » C’est une erreur monumentale de vouloir faire coïncider temps parental et temps scolaire. Pour que les rencontres aient lieu, il faut au contraire qu’à un moment les uns soient libres quand les autres ne le sont pas ! »

Tout de même, quel incroyable pataquès ! Depuis des mois on réfléchit à la meilleure façon de réorganiser la semaine scolaire sur quatre jours et demi en rencontrant mille difficultés pourtant bien prévisibles. Comme j’ai pu l’annoncer dès le mois d’août (France Info 31/08/2012 ou France Culture, Rue des Ecoles, 01/09/12), la tentative de réforme des rythmes scolaires n’a fait que rappeler combien l’éducation est nationale, mais l’école… communale ! Nous voici, depuis des mois, et malgré une refondation (qui fond au soleil) de l’école de la République mobilisant plus de 600 intervenants, dans un imbroglio qui vaut, par ses douleurs et blocages, bien des lumbagos. Tout le monde s’en mêle… et s’emmêle !

 Petit rappel : l’Ecole, telle que nous la connaissons depuis plus d’un siècle, a toujours eu lieu 5 jours par semaine, autrefois du lundi au samedi – entier jusqu’en 1969 ! – avec la coupure du jeudi (transférée au mercredi en 1972). Mais pour des raisons électoralistes (le départ en week-end des cadres), sociétales (les familles recomposées) et bassement économiques (faire assurer aux enseignants l’aide personnalisée en lieu et place des RASED dès lors démantelés pour économiser des milliers d’emplois), il a été décidé en 2008 de limiter l’exposition scolaire des élèves à 4 jours hebdomadaires, faisant du système scolaire français celui qui offre à la fois le moins de jours de classe, mais les journées les plus lourdes.

La gauche et un peu de raison étant revenus au pouvoir, la question d’un nouvel aménagement de la semaine scolaire est à nouveau posée. Mais sous le vernis de l’ouverture apparaît une couche de dirigisme qui voudrait que la demi-journée de classe réintroduite ne puisse être placée, sauf dérogation, que le mercredi matin (V. Peillon, BFM TV, 17/09/12). Ah bon ? Et au nom de quoi ?

On notera au passage que tous ceux amenés publiquement à s’exprimer ne vivront qu’à distance ce bouleversement : journalistes, universitaires, chronobiologistes, syndicalistes, politiques… Qu’il me soit donc permis ici, en mon nom propre, mais avec la légitimité de ceux qui mettent en oeuvre ce que d’autres décident, de rappeler qu’une solution existe, ni coûteuse, ni révolutionnaire : la classe le samedi matin ! Solution imparfaite mais ô combien plus simple que l’enlisement auquel on assiste, jusqu’à cet « étalement » – que ce mot est cruel – sur deux ans tel qu’il vient d’en être décidé par le Président de la République. On l’aurait presque oublié dans les méandres des discussions et les dédales d’argumentations, mais il y a peu, ce temps de classe du samedi matin semblait normal… et pour cause, si l’on veut bien prendre la peine de lire les 10 arguments qui viennent.

1/ Le samedi matin a l’avantage de se situer… en fin de semaine ! Ainsi, retombons-nous sur nos pieds : mise à jour des corrections, feuilles à coller, mise en commun des recherches, réunion de vie de classe, présentation de travaux, affichages… Bref, on « solde » la semaine pour repartir du bon pied le lundi ce que ne permet pas la classe du mercredi.

2/ C’est une erreur monumentale de vouloir faire coïncider temps parental et temps scolaire. Pour que les rencontres aient lieu, il faut au contraire qu’à un moment les uns soient libres quand les autres ne le sont pas ! Ainsi, nombre d’écoles accueillaient les parents le samedi : informatique, ateliers, bibliothèque, socialisation des productions, mais aussi rendez-vous le midi ou au moins prise de contact à la barrière.

3/ On l’oublie un peu vite en comparant la France à ses voisins mais notre pays à un découpage spécifique avec ses 36.682 communes (4 fois plus qu’en Italie par exemple) mais surtout ses 55.000 écoles ! Or, qui sera à la barrière de ces dizaines de milliers de structures un midi en plein milieu de la semaine pour récupérer six millions d’écoliers ? Les communes ? Mais où, comment, avec qui, pour faire quoi ?

4/ Si l’on répartit, comme je le souhaite, l’école sur 4 journées et demi, se posera aussi la question du maintien des 2 heures d’aide personnalisée en dehors du temps de classe. Pour qu’il y ait 3 heures de classe le mercredi ou le samedi matin il faudra allonger excessivement la pause méridienne avec ce problème : qui prendra le relais et quel rôle joueront les mairies dans cette réorganisation (ramassage, cantine, garderie, centre aéré) ? Rappelons qu’allonger la pause du midi, ce sera en bien des endroits du temps de préau en plus, et rien d’autre. Quant au coût, il est évalué à 600 millions d’euros pour les communes ! Voilà qui fait cher la récré…

5/ L’autre avantage de l’école du samedi matin, c’est qu’elle permettrait de mettre un frein à cette folie des week-ends sans limites horaires. De plus en plus d’enfants subissent les choix festifs de leurs parents qui voient dans un week-end entier l’occasion de se distraire au maximum. Pas grave se disent-ils, le petit récupèrera dimanche ! Nous pouvons assurer qu’il s’agit plutôt du lundi matin… Il faut absolument que le temps scolaire rythme davantage le temps familial et non l’inverse !

6/ Le samedi matin était un temps apprécié par tous car il échappait au rythme soutenu de la semaine. Chacun sachant que le week-end l’attendait à midi, l’atmosphère était différente. Avec la classe du mercredi, on conservera la tension constatée et l’on continuera à boucler la semaine à toute vitesse le vendredi après-midi.

7/ La classe du mercredi matin impose également cinq réveils d’affilée, même si pour certains élèves, c’est déjà le cas. Mais surtout, comment faire pour caser tous les rendez-vous : orthodontiste, orthophoniste, psychologue sans parler des activités sportives ou culturelles ? Quant à la formation des maîtres (animations pédagogiques) aura-t-elle lieu le mercredi après-midi ?

8/ Des municipalités ont fait le choix de promouvoir l’accueil du mercredi sur la journée : locaux, organisation, activités, personnel. Comment (re)déploieront-elles leurs moyens sans participer au morcellement du temps de travail des employés communaux qui entraîne nombre d’heures contraintes non payées pour simplement rester disponibles quelques heures par jour ? Peut-on espérer des services de qualité dans une telle précarité ?

9/ Puisque chacun s’exprimera en fonction de ses intérêts, il faut dire un mot des conséquences pour les professeurs. Tout d’abord, comme je l’ai rappelé, la coupure hebdomadaire a toujours existé. Ce repère historique participe au choix mais aussi à l’organisation du métier : animations pédagogiques, recherches, réflexion, correction, visites, lecture, échanges et bien entendu… récupération et distraction ! De plus, les enseignants du primaire sont à 82 % des femmes et donc, pour beaucoup, des mamans ! Leurs jeunes enfants non scolarisés nécessitent un mode de garde souvent payant (alors que le conjoint est souvent là le samedi). Et cela sans parler des frais de route engendrés par la nécessité de faire 36 fois de plus l’aller-retour domicile-école… Quelle compensation au moment où la glaciation de l’austérité rend nos salaires gelés au point que le professeur des écoles vient d’être déclassé par l’INSEE dans les « professions intermédiaires » ?

10/ Enfin, le mercredi est un temps libre qui permet des engagements : syndicalisme, politique, formation, sport, culture, pédagogie… Même si la tendance générale de ces dernières années a été d’aseptiser au maximum les pratiques, attitudes et propos des professeurs, leur participation à la vie de la société reste un élément fondamental de la cohésion sociale.

Le Ministre a promis de discuter de tout, avec tous les acteurs, enseignants, parents, élus, scientifiques, médecins, spécialistes. J’espère que ce plaidoyer en faveur du retour au samedi matin – que je sais partagé par beaucoup d’autres parents, enseignants et élèves – participera à cette nécessaire réflexion qui ne peut se mener sereinement qu’en ayant connaissance de tous les éléments et toutes les possibilités pour choisir.

Sylvain Grandserre
Maître d’école en Normandie
Co-auteur de «Qui va sauver l’école ? » (ESF/France Inter)
Chroniqueur presse et radio

 

« J’ai vu de nombreux jeunes enseignants s’écrouler dans mon bureau »

Nicole Bailly est psy­cho­logue sco­laire au sein d’un centre social dans les Yvelines, retrai­tée de l’Education natio­nale depuis 2007. Dans « Mon autre monde », un ouvrage consul­table sur le site de l’OZP, elle raconte ses 20 ans d’exercice en ZEP. Entretien.

Lire l’ouvrage de Nicole Bailly sur le site de l’Observatoire des Zones Prioritaires (OZP), « Mon autre monde« .

Vous appe­lez de vos vœux « une poli­tique auda­cieuse pour une réelle égalité des chances ». Que préconisez-vous ?

D’abord, recréer une vraie for­ma­tion des ensei­gnants. Il y a de quoi espé­rer avec le nou­veau gou­ver­ne­ment, mais je reste dans l’attente. Il faut que le contenu de la for­ma­tion soit aussi large que pos­sible et qu’il ne porte pas uni­que­ment sur les dis­ci­plines. Je ne sais plus com­bien de fois j’ai entendu des jeunes ensei­gnants se plaindre de n’avoir reçu ni for­ma­tion péda­go­gique ni for­ma­tion psycho-sociale. Actuellement, ils sont for­més pour ensei­gner des conte­nus didac­tiques, mais pas sur la manière de trans­mettre leur savoir, ni sur la façon d’éveiller le désir d’apprendre. Je suis égale­ment convain­cue qu’il faut davan­tage tra­vailler en binôme dans une classe de ZEP. J’ai connu des classes qui ont explosé car leur ins­tit’ se retrou­vait démuni face à des élèves sans limite. Et la plu­part du temps, quand un ensei­gnant n’y arrive pas, il culpa­bi­lise. Le fait d’échanger avec un col­lègue per­met de rela­ti­vi­ser et sou­vent de sur­mon­ter le pro­blème. Quant aux rythmes sco­laires, le réta­blis­se­ment de la semaine de cinq jours est une bonne chose à condi­tion de remettre l’école le samedi matin. Par expé­rience, c’est essen­tiel pour les familles pauvres, sinon leurs enfants tournent en rond lorsqu’il n’y a pas cours.

Quelle place doivent occu­per les psy­cho­logues dans les écoles ?

Ils sont un maillon essen­tiel au sein des réseaux d’aides spé­cia­li­sées aux élèves en dif­fi­cul­tés. Il faut donc remettre en place les RASED. En ZEP par­ti­cu­liè­re­ment, les psy­cho­logues ont un rôle de sou­tien impor­tant des équipes ensei­gnantes et des familles. Tout comme les maîtres E et G, les psy­cho­logues sont les seuls spé­cia­listes qui sont acces­sibles gra­tui­te­ment sur le ter­rain, sachant qu’il est très dif­fi­cile pour les familles du Quart Monde de se rendre spon­ta­né­ment dans les Centre médico-psychologiques (CMP). Les psy­cho­logues sco­laires doivent être « mul­ti­fonc­tion­nels ». Ils ne doivent pas s’enfermer dans leur tour d’ivoire mais col­la­bo­rer avec les membres de l’équipe ensei­gnante et faire un tra­vail aussi bien avec les enfants qu’avec les adultes. Nous n’avons pas toutes les solu­tions, mais nous pou­vons aider à les trouver.

Charles Centofanti      Vousnousils.fr

 

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